Philippe – 42 ans (témoignage complet)

Le témoignage complet de Philippe est le 7ème publié sur Oh Zé !, il est celui qui m’aura permis de renouer avec le blog. Bonne nouvelle, l’intérêt et toujours là ! A la fois le mien : de publier et d’échanger avec vous – et le vôtre : de lire, commenter et partager. Tout ça me fait très plaisir !

Cela m’a aussi permis de me redemander pourquoi je faisais ça.

Et oui, pourquoi au juste ?

En fait j’en reviens au sentiment qu’il y a vraiment quelque chose à aboutir concernant ce travail sur le haut potentiel.
En premier lieu, ce blog met progressivement à disposition en ligne une iconographie réelle de la douance. En effet bien rares sont les clichés d’adultes surdoués, de personnes comme vous et moi je veux dire. Il suffit de faire une recherche google ! La plupart du temps, les articles sont illustrés soit par des photos de personnes extrêmement brillantes dans leur domaine, le plus souvent scientifique (Albert Einstein, Stephen Hawking…), soit par des photos de banques d’images, à vocation « commerciale », qui mettent en scène les clichés les plus courants (enfant à lunettes, calculs mathématiques sur un tableau noir, cerveau avec des rouages compliqués…). Il y a bien des articles de témoignages illustrés par des photos prises dans l’environnement réel de la personne (des familles, des adultes…), sauf que même là il y a souvent un biais lié au sujet de l’article (le fameux jeune de 14 ans qui passe le bac).

C’est donc ma deuxième motivation à produire ce travail : dégonfler des clichés.
Il y a, me semble-t-il un mal franco-francais, lié au terme même (surdoué = sur-doué = doué, doté de capacités particulières, et encore plus que les autres. Le top du top du doué quoi !). Mais aussi lié à une peur probablement culturelle en France de ne pas parfaitement bien faire, comme pour l’apprentissage et la pratique des langues étrangères par exemple (on ose peu pratiquer en groupe ou en public, par honte ou peur du ridicule – et donc on progresse moins vite que si on osait carrément sans complexe). Donc les surdoués en France n’osent souvent pas s’imaginer ainsi car cela leur semble « hors de portée », et après un diagnostic ils ont – pour beaucoup mais pas tous – le sentiment que maintenant il faut réussir à briller, se distinguer et servir d’exemple.

Or les adultes HPI sont bien souvent des gens au parcours ordinaire, avec pour spécificités concrètes une sensibilité toute particulière et énormément de doutes et de questions personnelles. Ces caractéristiques sont celles que je retrouve le plus comme « socle commun », car même si le QI est élevé pour tous, le reste dépend plutôt du caractère, de l’environnement (familial, éducatif, social, spirituel etc.) et des aléas de la vie. Certains HPI deviennent des génies, d’autres des monsieur et madame tout-le-monde, d’autres des personnes en exclues ou en grande souffrance.

C’est donc le dernier intérêt de ce blog : rassurer, montrer le réel, enlever de l’enjeu. Il ne s’agit pas de se découvrir HPI à 50 ans, puis se remettre aux études et finir comme Steve Jobs ou Thomas Pesquet. Mais plutôt – quelque soit son âge et sa situation – de s’autoriser à écouter ses ressentis étouffés, ou de lever des tabous intimes, pour envisager progressivement une vie mieux alignée avec son fonctionnement réel, naturel, vrai.

Le surdouement est un atypisme, pas le marqueur d’une élite que l’on doit devenir.

Finalement, le terme hyperphrène était plutôt bien trouvé ! Du grec hyper (au-dessus, au-delà) et phrên (esprit) : capacités mentales les plus élevées de la population. Un manifeste intéressant avait été publié il y a quelques années (voir Le manifeste des hyperphrènes). Je n’en sais pas plus sur l’auteur, j’ai juste vu sur le net que ça a pu être perçu comme communautaire, et qu’au delà de ce contenu plutôt très à propos, le livre évoque ensuite l’intérêt de s’isoler du monde normo-pensant… A creuser donc, j’essaierai de le lire.

Voilà, le blog se met en pause quelques temps, même si je vais avoir quelques petites choses à vous partager sur la page facebook. Le prochain témoignage nous fera quitter l’Europe ! Et puis de nouvelles idées commencent à émerger , un nouveau projet, à voir ce qui se concrétise, je vous en reparlerai.

D’ici là continuez à diffuser ce travail autour de vous. Au plus le témoignages circulent, au plus le « filet de sécurité » sera grand pour ceux qui en ont besoin.

Merci et à bientôt !!

Antoine

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Témoignage surdoué

Cette 7ème interview n’a failli jamais voir le jour, comme je vous l’expliquais dans mon article précédent. Lorsque je l’ai enregistrée, j’avais déjà quelques témoignages en attente de publication et je savais donc qu’il faudrait quelques mois avant qu’elle soit mise en ligne. Je ne pensais pas que ces quelques mois deviendraient… 3 ans.

Philippe est une belle rencontre. Très sensible, il a été d’accord pour se dévoiler mais, par humilité, il a jusqu’au dernier moment hésité à apparaître sur les photographies. J’ai le souvenir d’échanges bienveillants, parfois drôles, où se percevaient souvent des émotions à fleur de peau. Je profite de cet article pour lui renouveler mes remerciements les plus sincères, pour sa patience infinie et sa confiance !

Comme d’autres, il a su se constituer avec les années une sorte de carnet d’adresse pour composer un soutien « à la carte », avec plusieurs thérapeutes ou praticiens, en fonction des besoins ressentis dans sa lecture intérieure. Sa douance, il la voit comme un moteur d’évolution personnelle, même si… comment dire… il est loin d’être un optimiste béat.

Une autre particularité de ce témoignage, c’est qu’il évoque l’homosexualité. Il y a de nombreuses similitudes entre ces deux spécificités : haut potentiel comme homosexualité peuvent faire ressentir à partir de l’adolescence, de façon diffuse, un décalage et une différence profonde avec les autres, qu’on met parfois des années à comprendre, puis à nommer… puis éventuellement à assumer.

Dans le cas de Philippe, ces deux caps ont été passés.

Ce qui est beau dans son histoire, c’est que ce sont ses parents qui ont finalement provoqué, à ses 37 ans, sa prise de conscience de son haut potentiel. L’occasion pour lui de requestionner son hypersensibilité et son hyperréactivité émotionnelle, qui lui déclenchent tant de hauts et surtout de bas ! Et un parfait exemple, encore une fois, qu’il n’y a pas d’âge pour faire la paix avec sa surdouance.

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[Pour mieux profiter de cet article, je vous invite à écouter cet extrait de Philippe au piano – un régal !]

Je m’appelle Philippe, j’ai 42 ans, j’habite à Paris dans le 13ème arrondissement, je suis professeur de musique depuis 14 ans, célibataire et sans enfants. Je suis testé HPI depuis 5 ans par un psychologue agréé : j’ai passé un WAIS 4 à 37 ans.

Où j’en suis dans ma vie ? J’ai fait le deuil de certaines choses et je vois la promesse d’un nouvel avenir, au boulot, ou perso. Je le vois lié à la douance, dans une direction qui me permette d’exploiter mon cerveau droit. Sinon je suis très content de participer à cette interview !

Témoignage surdoué

Je viens d’une famille bourgeoise de province, avec des parents médecin et pharmacien. J’ai un frère aîné et une sœur cadette. J’ai grandi dans le Finistère, et j’ai reçu une éducation « à la bretonne » : tout est « dans la pierre », c’est à dire très institué, conventionnellement bourgeois, en profitant d’un certain confort de vie. Mon environnement était très protégé, et j’ai eu une enfance choyée, dont j’ai gardé de bons souvenirs.

Parler de la douance dans l’enfance est finalement compliqué dans mon cas, car j’en ai fait la lecture plus tard, lorsque j’étais adulte. Ce n’est que récemment que j’ai commencé à faire des passerelles par rapport à des situations de mon enfance précieusement, de façon rétroactive.

En terme de traits de caractère, j’étais très rêveur, très blagueur, très réactif, mais très vite aussi assez solitaire. J’avais quelques amis mais j’étais un peu dans ma bulle par-rapport à eux, donc certains le recevaient très bien et d’autres me le faisait ressentir ; ça a toujours été ça. Je n’ai finalement pas eu de malaise ni de problématique particulière par rapport à cette situation car c’était tout ce que je connaissais, et que je connais encore aujourd’hui !
J’ai fait de la musique assez tôt, vers 7/8 ans, et ça été très épanouissant pour moi. Du piano, du solfège, de l’accompagnement, ça marchait bien, je lisais très rapidement les partitions. J’en ai fait une quinzaine d’année, jusqu’au bac – cours privés, conservatoire, ça s’est mis en place de façon assez classique. Heureusement qu’il y a avait ça, ça m’a aidé à me canaliser, à créer, à trouver ma voie. Quand ce n’était pas par les mots, l’expression pouvait passer par ça.

Amicalement, j’étais plus à l’aise avec les filles – étant homo, c’est assez courant, même si l’homosexualité n’était pas encore claire pour moi. En tout cas j’étais assez féminin et plus maniéré que les autres garçons, donc si moi je ne le savais pas, les autres le percevaient dans ma manière d’être. Ça change ensuite évidemment, en grandissant.

En tout cas ça m’a donné une autre sensibilité particulière. J’avais une bulle, de livres, de films, une bulle artistique aussi, qui me protégeait. Tout le monde n’y avait pas accès.

Témoignage surdoué

Il y avait tout le temps une sorte de décalage, et avec le temps je le vois avec plus d’acuité. J’essaie aujourd’hui de me laisser tranquille avec ça sinon je n’en sortirai pas. C’est encore quelque chose qui reste compliqué, même si je l’ai désormais conscientisé. C’est encore parfois douloureux, une sorte de sentiment de solitude et de « non-retour » : ne pas pouvoir partager les choses telles qu’on les perçoit, car en face il n’y aura pas forcément l’écoute ou alors il y aura des retours que je vais très vite interpréter comme un jugement (même si ça ne l’est pas). Dans le cadre familial ça n’a jamais été simple non plus.

Adolescent, une situation me revient : on évoquait en famille la situation d’une amie, et tout le monde était à peu près d’accord sur quoi en penser. Sauf moi. J’ai partagé mon avis, qui était différent … et je me suis vu répondre sans méchanceté par les autres que non, ce n’était pas ça. C’était anodin mais je m’en rappelle parfaitement, car ça illustre bien le genre de situation répétées qui peuvent nourrir le sentiment de décalage. Je m’en suis alors voulu d’avoir parlé, j’aurais dû ne rien dire, je savais que mon avis ne serait pas comme celui des autres…

Je ne peux pas dire que j’ai souffert de ça enfant, c’était diffus. C’est plus tard, avec l’accompagnement psy, le test, que la différence s’est accentuée.

Mes études – fac de musicologie à Rennes – ont très bien marché, mais je n’étais pas content de ce que je faisais. Mon fonctionnement, avec des idées qui partaient un peu dans tous les sens, était compliqué à vivre, et aussi de me rendre compte que concrètement j’étais potentiellement différent, même au niveau familial.

J’ai ensuite eu du mal à trouver ma place en tant que jeune adulte, car dire qu’on est musicien, vaguement artiste, c’est bien gentil mais bon… ce n’est pas forcément bien accepté partout.

A la fin de mes études, en passant le CAPES, je me sentais assez mal dans ma peau et j’ai entamé une thérapie, pour m’aider d’une part à passer le concours (du moins c’en était le prétexte) mais aussi pour évoquer d’autres aspect plus personnels. J’ai beaucoup aimé le travail avec cette première thérapeute, c’était enrichissant et relaxant. Il s’agissait surtout de visualisation pour renforcer ma confiance en moi et préparer le concours. La douance n’a pas été abordée, mais l’homosexualité oui, ainsi que ma sensibilité particulière et mes relations aux autres. Tout ceci m’a permis un premier niveau de travail sur des ressentis spécifiques.

A 26 ans, j’ai quitté Rennes et j’ai commencé à travaillé. En arrivant dans le Val d’Oise, c’était un renouveau mais je me sentais à vif, à fleur de peau. L’environnement de mon établissement, classé REP+, même si c’est un bon souvenir aujourd’hui, n’a pas aidé : c’était un sacré bazar et le métier était exposé. Je me suis rendu compte qu’il y avait comme un cycle, un mouvement de balancier : content d’aller au travail pour échapper au ressassement, puis besoin de moments pour me centrer et me ressourcer…pour échapper au travail ! Quand je revenais en famille j’étais toujours déprimé, je ressassais des idées très noires. Ça a duré ainsi pendant quelques années.

Témoignage surdoué

En famille, je percevais par empathie ou sensibilité des malaises et des non-dits à cause d’histoires en germe, qui me faisaient me sentir mal mais sur lesquels je ne pouvais avoir de prise – comme mon frère et ma sœur – ce que je n’ai compris que plus tard. Comme ce n’était pas concret, alors que je ne pouvais m’empêcher d’y réagir et de me les approprier, et que je n’en comprenais pas vraiment les causes, je plongeais alors dans des affres violentes, des idées très morbides. Et puis il y avait l’homosexualité à assumer aussi, au niveau personnel – alors qu’à 25 ans on est encore un tout jeune adulte. Au niveau familial c’était affirmé depuis mes 18 ans, mais rapidement ça a été voilé, par convention. Peut-être aussi que j’étais très émotif, capable de monter vite dans les tours ou avoir envie de régler les comptes, d’exploser à vif, ça ne facilitait pas les discussions.

Deux ans après mon installation en Ile-de France, j’ai ressenti le besoin de reprendre un accompagnement, avec un nouveau thérapeute, qui a duré environ un an. Cela s’est bien passé mais je ne pense pas en avoir retiré grand chose de particulier. J’ai arrêté et repris quelques années plus tard, vers la trentaine, avec une autre personne avec qui ça a mieux fonctionné. Les choses étaient mieux abordées sur la durée et surtout j’ai embrayé sur un travail de psychogénéalogie, pendant environ une année et demi. C’était passionnant ! Il s’agissait de travailler sur l’arbre généalogique familial et ses dates, en allant parfois retrouver des pièces administratives, le plus loin que je pouvais, à 6 ou 7 générations. C’est tout un concept de symbolisme que j’ai trouvé génial : j’ai compris énormément de choses par rapport à mes intuitions, ma famille, et aux positionnements de chacun… En questionnant mon entourage sur les traits de caractères de mes ascendants, la notion de douance – même si je ne la nommais encore pas explicitement ainsi – est apparue dans l’une des branches généalogiques, et j’ai pu la tracer familialement, pour autant que je puisse en juger. C’était donc très intéressant et m’a permis de prendre du recul sur moi-même.

Enfin j’ai travaillé pendant un an en analyse transactionnelle, en groupe cette fois, pour creuser certains points précis qui me freinaient dans ma vie privée.

En parallèle j’ai commencé à me constituer une sorte de carnet d’adresse à la carte, en fonction de mes besoins. J’ai vu par exemple un magnétiseur, pour des problèmes de dos et des douleurs dans la colonne vertébrale ; un hypnothérapeute lors de la validation de la douance. J’ai aussi pratiqué le shiatsu, dont j’ai beaucoup aimé l’apport. Cela consiste en une sorte de massage, mais l’approche est d’une vraie sensibilité.

Quel a été ton point de départ ?
J’avais découvert sur les rayonnage de la Fnac les ouvrages de Jeanne Siaud-Facchin (« Trop intelligent pour être heureux ») et Arielle Adda (« Adultes sensibles et doués. Trouver sa place au travail et s’épanouir » avec Thierry Brunel).

Je les avais rapidement parcourus et ça m’avait parlé, mais je ne les avais pas achetés.
J’avais préféré laisser tout ça de côté car à la même époque j’essayais de passer l’agrégation.

Plus tard c’est finalement mon père qui est venu à moi pour me parler de douance, j’avais 37 ans. Avec ma mère, ils avaient assistés en Bretagne à une conférence sur la douance, et ma mère me reconnaissait, ainsi que ma sœur, dans les caractéristiques.
Mon père me demande donc : « Est-ce que tu connais la précocité ? ». Sur le coup, j’ai cru qu’il m’en parlait pour mes élèves, alors je lui répondu que oui, j’avais une connaissance un peu générale. C’est alors qu’il m’a expliqué que ce serait intéressant que je me penche sur le sujet, pour moi. Il m’a transmis les notes que ma mère avait prises pendant la conférence, et m’a invité à jeter un œil. Ce que j’ai fait. Ça m’a parlé effectivement. Je me suis alors remis en tête les livres que j’avais découvert, pourtant j’ai encore temporisé car je devais passer l’oral de l’agrégation et c’était énormément de travail.

Or, le jour de la soutenance, ça a été un cauchemar. Je n’ai pas tenu trois minutes devant le jury, pétrifié de trac je n’ai littéralement pas pu sortir un mot. Eux voyaient bien que j’étais complètement bloqué, ils n’ont pas été désagréable mais … impossible. Je suis sorti de là dans l’état qu’on peut imaginer. Très très mal.
Puis j’ai rebondi là-dessus et j’ai commencé à lire les livres.

Témoignage surdoué

Je me suis attaqué à « Petit Traité à l’usage des Gens Intelligents qui ne se croient pas très doués », de Béatrice Millêtre, sur le fonctionnement du cerveau droit. Gros choc. Le livre m’en est tombé des mains. J’ai commencé à réaliser que tout ça me concernait complètement.

Une de mes très bonnes amies avait passé le test quelques années plus tôt et s’en était ouverte à moi. Elle avait à l’époque d’énormes difficultés à reconnaître le résultat, notamment à cause d’interdits familiaux. C’est la première personne à qui j’ai parlé de mes questionnements, et de mon envie de passer le test.

5 mois après le déclic de la discussion avec mon père, j’ai voulu passer le bilan pour faire la paix avec ces questions. A l’époque, après l’échec du concours, j’étais cassé et épuisé. J’ai appelé Arielle Adda qui, surbookée, m’a envoyé vers une de ses consœurs. Le RDV s’est pris facilement. De souvenir, le test seul coutait environ 200€. D’abord au téléphone, puis une première rencontre qui m’a un peu intimidée, puis un autre pour le test.

Je me suis présenté curieux mais pas anxieux, peut-être que j’étais disponible intellectuellement à ce moment-là pour y aller. A la question « Pourquoi voulez-vous passer ce test ?», je me rappelle très bien avoir répondu : « Pour faire la paix avec ça » Si je suis validé : ok. Si je ne le suis pas : pas grave. Mais au-moins je serai fixé pour la suite. Il n’a jamais été question pour moi de me mettre la pression pour « faire partie du club ».
Pendant le test, sur une des épreuves, j’ai vécu un pic d’émotivité similaire à celui qui m’avait paralysé pendant mon concours. Je me suis senti très mal, tendu, je me suis imaginé creuser un trou et y disparaître. Cette sensation m’a poursuivi durant tout le test mais j’ai continué. J’ai pu en débriefer avec la psychologue ensuite, et elle l’a pris en compte dans le diagnostic.

Lorsqu’elle m’a expliqué les résultats j’ai fondu en sanglots.
HPI !

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J’ai contacté mon amie pour lui partager la nouvelle. On était en juin, et suite à ça j’ai passé un été … horrible. Je vivais le contrecoup à la fois difficile de l’échec du concours et l’annonce du test et je mélangeais tout. Lorsque j’étais avec des amis ça allait, dès que je me retrouvais seul c’était abominable. Des semaines très dures. Ma sœur, médecin, voyait que j’étais au plus bas et a proposé de m’orienter vers un confrère qui pourrait me médicamenter au-moins quelques temps. Ça a été un déclic, car je ne voulais absolument pas ça rentrer dans ce que je considérais comme une spirale.

Je me suis alors mis à la méditation avec elle, peu à peu, ce qui m’a progressivement aidé à remonter.

Par la suite, j’ai décliné un suivi avec la psychologue du test, car je préférais continuer le travail en cours avec mon thérapeute habituel. Néanmoins elle m’a orienté vers un hypnothérapeute, que je suis allé consulter, et c’est véritablement l’hypnose qui m’a été d’un grand secours dès la première séance. J’en ai fait quelques autres depuis.
Rapidement j’ai eu besoin d’arrêter avec mon thérapeute, au courant de mon test : c’était comme si je changeais de peau et donc d’accompagnement. J’étais comme libéré d’un poids, et ça s’est fait tout seul.

Témoignage surdoué

J’ai continué à lire des livres. A ceux de Arielle Adda et Jeanne Siaud-Facchin se sont ajoutés ceux de Cécile Bost, de Monique de Kermadec et Fabrice Bak, dont j’ai particulièrement apprécié l’exhaustivité. J’ai picoré dans chacun de ces ouvrages, qui m’ont tous apporté des clés.
J’ai aussi rencontré le temps d’une unique séance un thérapeute spécialisé en précocité. La distance géographique m’empêchait d’envisager un suivi avec lui, mais je l’aurais volontiers envisagé à l’époque. Ce fut une séance de rencontre très forte où, tableau et stylo Velleda à la main, il me symbolisa le fonctionnement d’un zèbre : « Un groupe d’amis est témoin d’un accident de voiture. Les « normo-pensants » alertent les pompiers et le Samu. Les précoces font la même chose, mais ne peuvent s’empêcher de se sentir responsable de ce dont ils ont été témoins, alors qu’il n’en est rien ». Cette image reste encore très juste à mes yeux aujourd’hui. Avec le temps, je fais de plus en plus le distinguo entre mes ressentis et la factualité des évènements, pour ne plus me laisser envahir.
Je me suis aussi connecté à des forums, puis j’ai participé à quelques rencontres mensuelles d’une association de « zèbres » à Herblay. Il s’agissait d’une école spécialisée pour les enfants précoces, mais qui proposait aussi le soir des réunions pour adultes. C’était intéressant mais je n’ai pas voulu y rester, car j’avais la sensation que ça tournait en vase clos.

Dans cette période, j’ai eu progressivement une relecture différente des mes amitiés anciennes, ou des certains épisodes de ma vie. J’ai pu consulter également Monique de Kermadec, dont j’ai apprécié l’approche, que l’on retrouve aussi dans son livre. Elle amène à épanouir sa facette douée, sans trop jouer la carte du caméléon, et dans ce que l’on appelle aujourd’hui le « faux-self », dans lequel on peut se perdre.

Globalement, je me suis allégé.

Je l’ai évoqué avec des amis proches, avec ma sœur. Par chance, j’ai plutôt eu des bonnes réactions, des « ça ne m’étonne pas », ou des personnes qui m’ont annoncé avoir été testés aussi. Je me suis rendu compte progressivement que la plupart des mes amitiés de longues date étaient concernées par la douance. Si j’en parle, j’utilise le terme « zèbre », et j’explique que je suis très sensible et très émotif. La différence, c’est d’être une véritable éponge émotionnelle, bien plus que d’avoir un QI dit supérieur – ce qui ne me parle pas vraiment. La notion de cerveau droit me parle beaucoup aussi.

Une année ou deux après le test, je l’ai dit à mes parents. J’avais 39 ans.

Sur un terrain plus sentimental, ces découvertes m’ont ramené à un ex-compagnon, dont j’étais très amoureux et avec qui j’avais été très lié. Il s’est donné la mort il y a quelques années. Quelques temps après l’enterrement, en écoutant sa sœur me parler de lui, j’ai eu l’intuition que le surdouement pouvait le concerner aussi. Quand je lui ai partagé mes observations et mes propres interrogations sur le sujet, je l’ai vue blêmir. Lors des obsèques, la première chose qu’elle lui avait dite sur sa tombe était : « Tu étais quelqu’un de très intelligent mais ça t’a bouffé la vie ». Comme elle, je me suis senti très mal après ça, avec les sentiments contradictoires de ne pas avoir tiré les bons fils et d’être passé à côté de certaines choses, tout en comprenant certains des liens qui avaient été les nôtres.

Il m’a fallu du temps pour faire émerger des envies d’évolution professionnelle, ça date de quelques mois seulement, donc plus de 4 ans après le test. Je voudrais reprendre des études en médiation culturelle. Mais dans l’éducation nationale, même si des passerelles sont évoquées, en-fait il n’y en a pas tant que ça ; c’est long et délicat de sortir des rails. Malgré tout je m’autorise à envisager ces perspectives plus épanouissantes et plus personnelles.

Aujourd’hui je suis plus serein. Plus en paix avec moi-même.

Quand je regarde mon fonctionnement et ce qui peut être lié à la surdouance, je pense à mon esprit de contradiction un peu mieux assumé, au fait de ressasser des idées parfois noires, de ne jamais lâcher prise et donc de ne pas être disponible quand je le voudrais… J’assume mieux d’avoir plusieurs centres d’intérêt – théâtre, musique, chant… – et de passer de l’un à l’autre sans forcément en aboutir aucun complètement.

Quand je ne vais pas bien, je m’isole. Trop, probablement. Car quand je suis mal et que je suis avec des gens, je ne suis pas à l’écoute, pas disponible. J’en suis incapable. Et je me terre chez moi. Parfois j’y suis bien, parfois je tourne en rond, ça mouline sans cesse dans ma tête. Ces phases sont assez fréquentes et sont redevenues aigües l’année dernière suite à un échec amoureux. Le ressassement produit a été épouvantable. La seule manière que j’ai trouvé d’échapper à cet état, c’est de me projeter dans le futur. J’ai donc écrit des textes de chansons, des sketchs. Être créatif. Pour échapper à moi-même.

Je pense que l’envie de témoigner sur le blog correspond à ce besoin d’écrire, de poser les choses, de témoigner, de marquer une étape.

Parfois c’est horrible à vivre, ces idées sombres, morbides. Tout se retrouve au même niveau, tout se noircit. L’extrême de ma pensée envisage le suicide – même si je n’ai jamais été tenté de passer à l’acte. Comme une effervescence qui mélange tout, qui ressasse tout, et m’entraîne vers le bas. Ça me poursuit toute la nuit, toutes les nuits. Cette sensation d’oppression dans ma cage thoracique, ou comme déchiré, au dessus de ma peau. Ça me déprime et me donne envie de pleurer, mais ça ne vient pas toujours, pourtant lorsque les larmes viennent, ça fait du bien.

Heureusement, malgré mon hypersensibilité et mes périodes de douleur émotionnelle, mon instinct de survie m’éloigne des comportements et des relations malsaines. J’ai toujours eu cet instinct.

Malheureusement je n’ai pas beaucoup de techniques pour sortir de cet état… Alors j’apprends à prendre mon mal en patience, ou si j’en ai l’énergie je décroche mon téléphone et prend RDV pour une séance de quelque chose, avec un rapport au corps. Je sais que ça me fait toujours du bien, mais comme il y a souvent du délai ce n’est pas toujours adapté. Sinon… j’attends que ça passe et je m’occupe. Je lis, je vais au cinéma, je joue du piano… depuis peu je me suis mis au sport, car j’ai remarqué que me défouler fait la différence. Être défoulé puis détendu physiquement calme le mental. Et j’ai la chance d’avoir le sommeil réparateur. Donc … je rêve beaucoup et plonge sans hésitation dans le sommeil dès que je sens qu’il se pointe !

Aller bien, pour moi, ça veut dire que je me fous la paix. A moi-même !
C’est à dire me sentir relativement en paix, au présent, sans envie de fuite. Sans besoin de m’occuper le cerveau. Présent au monde et à moi. J’essaie de me laisser tranquille.

Sinon je me défoule, je cours, ou je nage. Je perçois le bienfait physique pendant et le délassement ensuite. Malgré la fatigue, les soucis, je me sens réellement mieux après, c’est très apaisant. C’est presque devenu une drogue, j’en ressens le besoin avant d’y aller, comme quoi les endorphines ça marche !

Pour me sentir bien, je trouve tout à fait normal de faire appel à différents praticiens. Shiatsu, kinésiologie, acupuncture, magnétiseur, hypnothérapie… ou d’autres choses comme les rebouteux, la psychophanie… Un peu comme s’il s’agissait d’entretenir une maison : il faut parfois un charpentier, un maçon, un électricien… Là c’est pareil, pour m’entretenir moi il faut différents métiers et différentes approches. Il est important de se trouver en confiance avec la personne, et surtout d’aller voir des gens qui comprennent ce qu’est la pensée en arborescence. Ou sinon il faut se sentir assez sûr de soi pour faire prendre en compte sa spécificité.

Je compose donc, à la carte, et ponctuellement en fonction de mes besoins.

La kinésiologie par exemple, je l’ai pratiquée environ tous les deux mois. C’est un espèce de travail de fond, sur les réflexes musculaires, par rapport à une grille de lecture. C’est une manière pour moi de prendre conscience des défenses que je me mets, et de les abaisser doucement et régulièrement.

Je ne déclenche pas forcément les rendez-vous dans les moments où je vais mal, ça peut aussi être dans un moment où je vais suffisamment bien pour sentir le besoin de me réserver un moment pour moi, dans une période de tension. Je me confie à quelqu’un en qui j’ai confiance et dont je connais les compétences, pour passer un cap potentiellement difficile.

Le chant est devenu aussi pour moi une composante physique du bonheur. Au départ, comme professeur de musique, pianiste à la base, j’étais intéressé de savoir mieux utiliser ma voix, en faire autre chose. Et j’ai peu à peu découvert un véritable plaisir de sensations et de félicité, de sensorialité, lié notamment aux vibrations. Il s’agit donc autant de découverte de soi que de découverte artistique.

A pratiquer ces petites méthodes de bien-être ponctuelle… et bien à force ça devient durable.

Mais j’ai tout de même du mal avec la sociabilité.
Comme je me rends compte que ma sensibilité à fleur de peau peut troubler les personnes autour de moi, j’ai maintenant tendance à me mettre plus en retrait qu’avant. Parce que j’ai besoin de me préserver… mais la contrepartie est que ça me coupe de certaines relations sociales. En fait j’ai souvent du mal à savoir comment être avec les gens, et les gens qui ne me connaissent pas ont aussi du mal à savoir comment se comporter avec moi.
Cela m’aura pris du temps pour l’accepter. C’est néanmoins positif, comme un mouvement de fond, qui m’amène à être plus en paix avec moi-même. Et je pense pouvoir reconnaître très rapidement aujourd’hui, quelqu’un concerné par l’arborescence de pensée, dès le premier contact, dès les premières phrases échangées. Cela ne signifie pas forcément qu’on va bien s’entendre, mais les canaux de communication font la différence.

Témoignage surdoué

Passer le test correspondait à mon caractère : j’ai toujours eu envie de mieux me connaître, et de cheminer par rapport à mon environnement, à m’en émanciper. C’est un trait de personnalité que j’ai depuis longtemps, et qui je sais, m’accompagnera jusqu’au bout. La précocité est simplement apparue sur le chemin. Il y a sûrement un avant et un après, mais j’ai du mal à les distinguer.
Le cheminement est donc – pour moi – une des clés pour s’alléger des choses poisseuses qui nous collent au corps.

Je pense qu’il n’y a pas d’âge pour être en paix avec sa douance, comme avec d’autres aspects de soi d’ailleurs.

A ceux qui se découvrent et sont troublés par cette découverte, je dirais : aimez-vous, comme vous êtes. La douance aide à être de bons et de beaux créatifs. Ça donne la capacité de pouvoir se réinventer, et d’être résilient.

Je recommande aussi ce livre, qui m’a énormément ému. Une romancière qui a une très belle plume et dont la sensibilité me parle. L’histoire est magnifique.
Et la résilience et la douance en sont le cœur. Le titre parlera à beaucoup, je pense ! « Pourquoi être Heureux Quand On Peut être Normal ? » de Jeanette Winterson.

Témoignage surdoué

Je me méfie de certains forums ou de groupes en ligne, sur facebook ou autre. Cela rassemble souvent des personnes hélas mal dans leur peau, mais qui surréagissent les unes aux autres, et cela n’a de forum de discussion que le nom. Je les consulte de loin, pour piocher des liens, des articles ou des idées, mais je reste très prudent pour les discussions. Au-fait, malgré mon attirance pour, je m’écarte systématiquement aujourd’hui de tout échange virtuel qui m’entraînerait à sur-réagir, à vouloir avoir raison en l’inscrivant sur la toile. Je suis méfiant de l’ex-timité donnée en pâture sur les réseaux, et surtout, je ne veux plus me mettre dans des états extrêmes pour rien.

Parler du bonheur reste quand même compliqué pour moi. Car quand on est un peu lucide sur son environnement, je trouve difficile de trouver les clés du bonheur. La question « Es-tu heureux » me semble vraiment bizarre. Je ne pourrais pas être angélique ou extatique ou peut-être que je ne me l’autorise pas ? Je suis déjà mieux dans mes baskets, j’ai réglé beaucoup de choses de ma douance et autre, et c’est déjà pas si mal !

La lucidité n’est néanmoins pas facile à vivre : j’ai bien conscience des projections que je peux par exemple avoir sur certains membres de ma famille, et qu’ils ne seront jamais à même d’y répondre. Cela rend palpable que mes attentes sont irréalistes, et ça me rend triste car je ne peux pas leur en vouloir… Je le vis un peu comme un échec. Et au niveau privé, je me méfie aussi de mes attentes : je ne crois plus qu’on ait à en faire subir le poids à l’autre. Voie de garage actuelle…

Que pourrais-tu conseiller aux autres ?

Trouvez l’environnement le plus sain possible, ou construisez-le. Notamment celui de la reconnaissance des amis et des professionnels, ceux qui vous aident à cheminer dans la sérénité. Il n’y a pas de règles pour y arriver. Visez en tout cas ce qui ménage et épanouit votre sensibilité.

Témoignage surdoué

C’est facile à dire, mais : déculpabilisez. Si on est hypersensible, on a pas à le retourner contre soi. On peut être sensible de façon très belle, ce n’est finalement pas un drame. Il est possible de trouver des manières de gérer ses pics d’émotions, comme s’isoler un instant, ou même dire honnêtement qu’on a besoin d’un moment. Beaucoup de personnes l’acceptent. On peut ainsi pleurer comme on rit, et vivre, tout simplement, sans idéalisme déplacé.

Autre chose : on a pas toujours besoin de « passer par l’autre » pour aller bien. Il faut aussi prendre soin de soi tout seul, se gérer avec douceur. Ainsi on a moins d’attente sur les retours des autres, et c’est aussi une bonne façon de s’accepter tel qu’on est.

Concernant le test… je ne sais pas s’il faut le conseiller, car c’est une démarche vraiment très personnelle. Je crois qu’il faut le faire quand on se sent prêt à toute forme de réponse, positive ou non. Personnellement, à l’époque, j’avais plus besoin d’une réponse, quelle qu’elle soit, que d’être obligatoirement cautionné HP. Le fait de passer le test me fixait d’une manière ou d’une autre. Je fais confiance au résultat d’un test créé pour ça. Et j’ai appris avec le temps que mon ressenti n’est pas une vérité indiscutable envers et contre tout / tous. En tout cas il me semble important de lire, de se renseigner, et d’aller vers la découverte et la connaissance de soi, test ou pas, à l’arrivée.

Si tu pouvais prendre la pilule pour arrêter d’être zèbre ?

Non, je ne la prendrai pas. Parce que finalement, cette sensibilité-là, qui peut être très douloureuse par moment est aussi pour moi un moteur pour progresser et ne pas rester sur mes acquis. C’est un luxe, définitivement.

Concernant le fait d’aller mieux, je ne crois pas que « s’en sortir » est une question d’âge, ou de capacité. Tout monde le pourrait. Certains ne le veulent pas, inconsciemment ils sont suffisamment satisfaits de leurs acquis. Ou terrifiés à l’idée d’en sortir. Et d’autres ne le peuvent pas, il faut aussi l’accepter. Bien sûr c’est compliqué, chacun a son histoire, son environnement familial qui est une vraie grille de lecture à l’environnement qu’on se créé. Mais si on a trop des principes, qu’on reste figé « parce que c’est comme ça », on rate une compréhension du monde et des gens. Au contraire, prendre conscience et choisir de se faire du bien est indispensable pour évoluer. Cela permet une ascendance. Stagner rend imbécile !

Témoignage surdoué

——

Ce témoignage est publié plus de 3 ans après sa réalisation. Philippe a donc pu compléter son interview par une mise à jour de son parcours.

3 ans après…

J’ai eu très peur en ouvrant le fichier de retranscription envoyé par Antoine, pour la relecture… qui finalement, s’est bien passée ! Depuis, comme écrit plus haut, j’ai pu reprendre des études en équivalence, en parallèle de mon poste d’enseignant. Une année de haute de voltige, qui a validé non-seulement mon choix de reprendre des études complémentaires à mon parcours passé, en considérant les capacités d’adaptation de mon « cerveau droit », mais aussi mes capacités à le mener à terme tout en travaillant à-côté. J’ai validé mon M2 de Médiation musicale en septembre 2017, et j’ai produit des premières médiations devant public depuis, toujours en parallèle à l’enseignement. Il me manque aujourd’hui un vrai projet artistique à mener, mais ce sera une prochaine étape… Sur le plan perso, j’ai entamé un travail en EMDR intégratif, suite à des soucis familiaux m’impactant… plus que de raison, forcément. Je ne peux qu’en valider les effets un an après, puisque la charge émotionnelle qui me dépassait dans certaines situations a suffisamment disparu pour que je me foute la paix !

Le cheminement continue…

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