Mes « bizarreries » personnelles de zèbre

Delphine surdoue temoignage(Suite du témoignage de Delphine, 36 ans)
Je conserve néanmoins quelques marqueurs de ma « bizarrerie personnel ».

Déjà, je suis végétarienne, depuis l’enfance, même si j’ai parfois mangé de la viande lorsqu’il n’y avait rien d’autre – par exemple à la cantine du collège. Pour moi c’est normal, et c’est de moins en moins stigmatisé par la société, car aujourd’hui le regard des gens a changé. Mais quand j’avais 15 ans c’était beaucoup moins bien compris et on se moquait de moi.

Depuis mes 5/6 ans, je peux sentir les chagrins et les douleurs des autres. Même si c’est comme ça que je fonctionne au naturel, je sais désormais me couper de ce ressenti, comme si je mettais un filtre qui ne laisse passer que les énergies positives.
Les énergies négatives, que j’appelle des « plombes » – parce que ça te plombe ! – et que je peux sentir en moi comme des chagrins ou des colères sortis de nulle part, je les tiens à distance avec de petits rituels. Ça ressemble assez à une prière, faite sur-mesure pour me recentrer.

Avec un groupe d’amis « branchés », nous avons expérimenté et testé plusieurs choses de l’ordre de l’énergétique ou du spirituel. Comme un gros butinage : des retraites bouddhistes, du yoga, des trucs de guérisseurs… Nous avons ensuite fait un mix de ce qui nous semblait efficace et juste, et avons composé pour nous quelque chose de sur mesure. Il y a une part acceptable et une autre à afficher modérément, de cette hypersensibilité dans toute sa dimension. Parler aux arbres et être un peu décalée, ça va. Utiliser les énergies pour guérir, ou avoir une réflexion en groupe, là ça fait plus peur. Je vois bien la limite d’acceptabilité par la société, des conséquences de ma différence. J’en tiens compte. En tout cas je vis bien !

Concernant mes amis, j’ai décidé d’arrêter de m’embêter avec des gens incapables de partager leur amour. J’ai assez eu de potes, brillants manipulateurs, qui prenaient mon temps et mon affection sans jamais rien partager à leur tour. Certaines personnes sont tout simplement douées pour se nourrir de vous. Maintenant c’est fini, je veux un échange de sensibilité. Je ne suis plus une sauveuse ni une thérapeute. J’ai pris le temps d’envoyer paître tous ceux qui jouaient aux parasites et abusaient de ma gentillesse. Pour autant, j’accueille toujours volontiers l’autre sans juger.

Je me sens armée, éduquée pour gérer le conflit que génère ma « hors-normalité ». Par exemple, si quelqu’un m’aborde sur un sujet un peu cliché de mes spécificités, je ne suis pas du tout déstabilisée, je facilite la discussion : « Oui, et donc ? », je suis ouverte à échanger sans aucun problème, et ça ne m’agace pas. J’accepte volontiers l’avis des autres, je m’assume et j’ai trouvé ma place. Je n’ai besoin ni de fanfaronner, ni de faire profil bas.
Si on peut communiquer, c’est formidable, bienvenue ! Si ça ne marche pas, alors que chacun continue sa route, tant pis. Ainsi ça ne me demande pas beaucoup d’énergie, ça se fait en douceur.

Une réponse à “Mes « bizarreries » personnelles de zèbre

  1. Merci, énormément ! Je reprend votre phrase et vais l’appliquer « j’ai décidé d’arrêter de m’embêter avec des gens incapables de partager leur amour. J’ai assez eu de potes, brillants manipulateurs, qui prenaient mon temps et mon affection »

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