Une caricature de ma « particularité »

(Suite du témoignage de Landry, 28 ans)

Je n’utilise pas trop le terme douance, ni zébritude, je dis « particularité » me semble-t-il. En fait je n’en parle pas beaucoup. Cette particularité, je la vis mieux que jamais, ce qui ne veut pas dire très bien, disons que c’est plus agréable. Ça reste assez difficile quand même, mais ça a progressé. Il y a encore 5 ans j’allais très mal. À cette époque c’était beaucoup plus obscur dans ma tête, j’ai fait un gros travail de déblayage. Je suis plutôt quelqu’un de positif. Je me dis que ça ira toujours mieux, c’est mon caractère. Même quand c’était obscur, une partie au fond de moi m’expliquait doucement que « ça ira ».

 

Pour me définir je n’utilise pas le mot surdoué, en fait j’utilise simplement mon prénom : Landry. Et c’est bien car avant ce prénom représentait quelqu’un qui n’était pas moi. Ça fait seulement quelques années que je me le suis approprié.

 

Avec ma femme, au bout de 5 minutes d’explications c’était le flou total, alors j’ai utilisé le mot « surdoué » pour qu’elle comprenne. Elle avait l’air surprise et elle ne l’a pas très bien pris, elle m’a demandé « Ah bon ? Tu es surdoué … en quoi ? ». Pas très facile comme remarque.
Un moment de ma vie concernant la douance ? Oui, un me vient très vitre à l’esprit : ma première sixième, l’année la plus chaotique de ma vie, pendant un contrôle de français. Le professeur n’était pas contente, car il n’y avait que de mauvais résultats dans la classe et moi j’ai eu 19/20. Une des seules fois où j’ai eu une aussi bonne note. L’élève qui était toujours largement en tête a eu 16/20 je crois et la majorité de la classe était en dessous de 12/20. Le professeur ne comprenait pas.

C’était un moment intéressant : c’était comme une preuve de la réalité, une caricature de ma situation générale ! D’habitude, tout était confus, on me reprochait toujours quelque chose que je comprenais pas, par exemple « tu es fainéant », alors que ce n’était pas le cas du tout. J’étais toujours en décalage par rapport aux autres. Cette fois-là j’étais bon, le décalage se voyait dans le bon sens pour une fois, donc on ne pouvait pas me critiquer. Ça caricaturait la réalité de ma situation.

Landry_2

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