Bilan ? Il fallait le « faire pour le faire »

(Suite du témoignage de Landry, 28 ans)

Une fois le mot surdoué évoqué dans ma famille, il ne se passe plus rien, jusqu’à ce qu’au cours de ma 1ère seconde (à 16 ans), mon professeur principale demande à me voir à la fin de la classe. « Ça te passe au-dessus tout ce qu’on dit ?« . Et moi de répondre : « Plutôt en dessous en fait« .

Elle a alors demandé à rencontrer ma mère, et lui a parlé de faire un bilan. J’étais là pendant la réunion et j’écoutais à moitié : « bilan » ?

Lorsqu’on est sortis du collège, je savais que j’avais compris. La première chose que ma mère a dit dans la rue c’est : « Tu ne te rends pas compte de tous les problèmes que tu causes ». Pour elle j’étais vraiment une plaie. C’était très clair et j’ai compris tout de suite le message : on ne voulait pas m’accepter comme je suis.

Ma mère s’est sentie contrainte. Il fallait « le faire pour le faire ». Elle a contacté mon père pour qu’il paye la moitié car « le bilan est cher », puis elle a pris rendez-vous chez un psychologue, route d’Albi, qu’elle a trouvé dans les pages jaunes. Le jour convenu, elle se trompe d’adresse et on est arrivé par erreur chez une autre psychologue, qui n’avait pas particulièrement de compétences dans la douance. Celle-ci se débrouille néanmoins pour nous donner rendez-vous avec elle plutôt qu’avec le psychologue prévu au départ.  

Je me retrouve donc à faire des tests.

J’ai trouvé ça un peu nul, mais sérieux. La psychologue n’était pas très « psychologue » par contre : elle portait un parfum très fort, mon siège n’était pas confortable et son bureau me dominait. Je ne pouvais pas être bien installé. En plus, depuis mon siège, par la fenêtre, je voyais les fenêtres de chez moi. Avec tout ça et le chronomètre qui tournait, j’étais mal et j’avais beaucoup de pression. Parfois, je ne répondais pas à ses questions, comme, « Qui est Darwin ?, par habitude de me saborder. Elle n’a pas pris conscience de ça, et ne me relançait pas. Elle m’a demandé « Tu es anxieux ? » en regardant mes ongles rongés, c’était à la portée de n’importe qui de faire des commentaires pareils.

J’ai eu un résultat de QI bien plus haut de la moyenne, mais selon elle, au seuil de celui du surdon. Donc conclusion : « il n’est pas surdoué ». Même si elle a précisé que les scores aux sub-tests étaient excellents, pour elle le QI était un facteur limitant. Mais rien que de savoir « haute intelligence » et pas « débile », ça m’a fait beaucoup de bien, un grand soulagement ! A ce moment-là je sais que c’est écrit, qu’il y a une preuve que je ne suis pas un idiot. Je suis un peu plus reconnu pour moi-même.

Landry_6

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