MENSA, Méditation et Zebra Alternative

Bruno surdoue temoignage-1-2

(Suite du témoignage de Bruno, 58 ans)
Après le résultat du test, j’ai relu le livre, moins frénétiquement. J’ai été porté par cette nouvelle, heureux pleinement pendant quelques semaines. Puis j’ai essayé de construire quelque chose. Il m’est arrivé, dans le cadre professionnel, dès le départ d’une collaboration, d’expliquer que je suis zèbre, d’afficher un fonctionnement atypique. Mais ça ne marche pas bien. Je pense qu’il ne faut pas jouer dans ce registre là. Les termes surdoués, douance, HQI, précoce ne me plaisent pas. Lorsque les gens ne comprennent pas zèbre, alors j’emploie surdoué du bout des lèvres, et je l’explicite si j’ai le temps. Au niveau personnel, j’ai commencé à en parler à des amis mais ils sont passés un peu à côté du sujet. Ma famille, elle, a été très bienveillante, et m’a accompagné.

J’ai à peine fait le tour pendant quelques mois de tout ce que j’ai trouvé : sites et forum. Je n’ai pas créé de comptes ou discuté avec des gens, mais j’ai beaucoup lu. Je fais très attention de garder mes distances avec les fonctionnement de type MENSA, quand les gens mettent en avant des éléments quantitatifs (le QI à 130) et qu’ils proposent des entraînements de QI pour améliorer les performances. Aberrant.

La première fois que j’ai été plongé dans un groupe de zèbres, quelques années après le test, c’est quand j’ai participé à un cycle de 8 séances de méditations proposées par Cogito’z. C’était une situation merveilleuse : avoir en face de soi quelqu’un qui comprend, qui fonctionne de la même manière. Je me suis à la même époque investi dans Zebra-Alternative, une association initiée par Jeanne Siaud-Facchin qui propose à Marseille un lieu d’accueil pour des jeunes zèbres en difficulté (voir le site http://zebraalternative.wix.com/zebra-alternative). J’ai animé pendant quelques années un atelier et j’y ai vécu des heures extraordinaires. Quand des nouveaux, abimés, “débarquent”, en rupture d’école ou de famille, ou en dépression, ou après un séjour dans un service psychiatrique, prostrés ou juste en retrait, des zèbres très affectés, en souffrance, qui vont mal, des enfants perdus, qui souvent n’attendent plus grand chose… ils se toisent du coin de l’œil, s’observent et finissent par croiser le regard d’un autre et dans ce simple regard, en un éclair, une grande partie du chemin de la reconstruction est déjà fait. Voir qu’ils n’étaient pas seul, et que quelqu’un d’autre était pareil qu’eux, était une étincelle. De côtoyer ces “congénères” m’a régénéré moi aussi.

Bruno surdoue temoignage-12

 

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