Âmes, magnétisme et bien commun

(Suite du témoignage de Bruno, 58 ans)
C’est bizarre à dire, mais il m’arrive d’être en communication avec des “âmes”. Sans parler de médiumnité ou quoi, j’ai toujours ressenti une connexion « spirite ». Ça se recoupe avec ce que je peux pratiquer, dans le registre de l’hypnose ou du magnétisme : je me mets à disposition de ces choses là, j’accepte de leur laisser la place. C’est du même ordre que de s’adresser à Dieu : prier c’est être disponible pour recevoir quelque chose, pas un message binaire, mais plutôt quelque chose qui vient sous forme de sensation, d’intuition et qu’il ne faut pas cherche à canaliser. Et en ça, je trouve un sens à la vie.

Bruno surdoue temoignage-9

J’ai toujours été intéressé par le magnétisme. Cela m’a toujours attiré. Je suis fasciné par la guérison, j’ai beaucoup lu sur les médecines douces et alternatives, et suivi des formations. Je suis naturellement très réservé sur les sujets ésotériques et avec cette « distance de confiance » qu’on finit par instaurer quand toute sa vie on s’est enflammé pour tout. Il s’agit de considérer que le corps et l’esprit c’est de l’énergie, que chaque atome est un élément d’énergie. Le magnétisme pragmatique ça marche, et ça m’épate à chaque fois avec le retour positif de mes « patients ». Je me suis formé, car je voulais maîtriser la chose. Ça m’a surtout servi à me rendre compte de tout ce qu’il me reste à apprendre. Et donc ça nourrit mon doute… Ça pourrait être bloquant mais finalement l’important c’est d’incrémenter son existence, à tous les niveaux possibles, dans un sens positif ; se rendre compte de temps en temps qu’on a un peu progressé, sinon ça n’a pas d’intérêt…

Je me demande si être surdoué a un intérêt. Si tu ne l’es pas, tu as de la chance ; si tu l’es, il vaut mieux le savoir. J’envie les gens qui ne le sont pas, qui ne se posent pas toutes ces questions. Qui ont aussi plus de facilité pour réussir, professionnellement et financièrement par exemple. Sauf, à bien y réfléchir, que la douance me permet d’anticiper beaucoup de choses, d’avoir une plus grande clairvoyance. Et que les zèbres ont une énorme capacité pour s’adapter.

Néanmoins si on me propose une pilule pour arrêter d’être zèbre, je ne la prendrais pas. C’est certain, cela m’offre une richesse dont je ne peux plus me séparer. Maintenant que je suis passé de l’autre côté du miroir, ma vision du monde est trop enrichie pour que j’accepte de la réduire. La cohérence du monde existe, dans la dimension spirituelle, j’ai pu y accéder en prenant conscience de ma zébritude. De même, j’ai l’impression que cette perception et ce fonctionnement me donnent un “devoir” vis à vis du monde : je dois me mettre au service du bien commun.

Bruno surdoue temoignage-3-2

6 réponses à “Âmes, magnétisme et bien commun

  1. Bonjour,
    Merci Antoine, pour ce blog et ces témoignages … et merci aux témoins, aujourd’hui, à toi Bruno !
    Je me lance à laisser un commentaire… et surtout à poser des questions… Le sens de la Vie est mon « tourbillon d’infortune » depuis l’enfance… Comme un étourdissement qui m’éloigne du centre et m’empêche d’être en phase et de profiter du moment présent, de ressentir pleinement, sans être submergée émotionnellement… En lisant ton témoignage, Bruno, j’ai l’impression que tu as trouvé « ton état vibratoire » dans ce monde en lui donnant sens grâce à l’acceptation de ce que tu sais sur toi, a vécu et ressens (et ta représentation du monde)… Logique et Lapalissade peut-être, de te dire cela :)… Pourquoi penses-tu qu’il « vaut mieux savoir » que l’on est « HP » ? Comment se « reconnait »-on HP ? J’entends par-là, LE test a-t-il était une nécessité pour toi dans cette acceptation et compréhension de ce que tu es, pour te positionner par rapport aux autres ? Je refuse LE test depuis trois ans à peu près que j’ai émis l’hypothèse à ma psy (qui était soulagée que ça arrive enfin, hypothèse émise par hasard suite à des lectures qui me sont tombées sous la main, plutôt sur la tête 🙂 pour mon fils aîné…) … La question se pose pour mes enfants, à ce jour… dans le doute bien sûr, en ayant peur de faire un mauvais choix pour eux… Que l’on soit « HP » ou pas quelle est l’importance finalement ? J’aspire à trouver un chemin que je suivrai suffisamment assidûment pour poursuivre ma quête de sens tout en étant « en phase », en ce moment, j’aspire à développer mon potentiel créatif par l’apprentissage de l’estime, de la confiance en soi, et la connexion au Tout (vaste programme, difficile de trouver mes outils 🙂 pour être heureuse tout « simplement » :)… je le souhaite pour mes enfants… qu’ils soient « HP » ou pas… Finalement ce qui compte c’est d’être pleinement ce que l’on est, Je me demande quelle est la véritable importance de cette étiquette, donnée par d’autres, avec un test « controversé » selon les cas et qui reste un test (je doute de lui, comme je doute de tout)… Est-ce l’après test qui t’a permis d’enclencher cette prise de conscience pour donner tout son sens à ta vie, et finalement la mise à nue de tes possibles et capacités peut-être leur éclosion…(…acceptation de ce que tu es, ressens, t’a-t-on rééduqué (neuropsy), lectures…)? Avec du recul, penses-tu que tu aurais pu te passer du test et de ces conséquences pour en être ou tu en es aujourd’hui? Bon, je m’arrête-là ça devient lourd 🙂 J’espère que je me fais comprendre. Je ne sais trop si ces questions sont les bienvenues ici ou pas… Peut-être les reposerai-je ailleurs … En tout cas, depuis le temps que je tourne autour des blogs et lectures « HP », c’est la première fois que j’ose y laisser une trace, peut-être un pas en avant (ou en arrière?:) … Antoine si tu veux répondre aussi, ça m’intéresse ! Merci, sincèrement. Au plaisir de vous lire. Belle journée à tous !

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    • Piouch : deux pas en avant même, on dirait ! Réponses à venir, c’est ça de poster des commentaires riches, il faut attendre que la suite mûrisse 🙂

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    • Merci Piouch pour ce commentaire. Et bravo pour avoir eu le courage de le faire ! Je ne peux pas répondre pour Bruno, mais puisque tu me proposes, je te partage mon expérience. Et si d’autres veulent intervenir, allez y 🙂
      J’ai clairement eu besoin de savoir, de tester. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Certains savent parce qu’ils analysent eux même leur particularité, et passent ensuite à autre chose. Dans mon cas, je sentais que tant que je ne vérifiais pas, avec un test fiable (valable à mes yeux), mes idées tourneraient en boucle. Je construisais des échafaudages gigantesques de « Et si ? » les uns appuyés sur les autres. Avec cette logique d’arborescence, c’était trop de chose, trop de ramifications à garder en tête. Sans savoir vraiment ! Le test à été énormément libératoire, dans le sens ou j’ai « coupé » à la base la moitié de l’arborescence. Oui, j’étais surdoué. Donc tous les « Et si je ne le suis pas » se sont volatilisés. Mais ça aurait aussi marché je pense avec un résultat « négatif ». Car le bilan du test donnait surtout des clés de mon fonctionnement, et c’était éclairant. Et j’aurais pu supprimer la branche du « Et si je le suis ». Et simplifier ma pensée.
      Ensuite, sans que je m’en rende compte, le fait de revenir à cette certitude m’a permis d’avancer. De redéfinir le territoire de ma « normalité ». Puis de constater qui, à l’intérieur de ce territoire, y était toxique, qui y était bienveillant. J’ai fait quelques choix, j’ai clarifié des choses avec moi-même, avec des personnes de mon environnement. C’est alors que l’acceptation de ce que je suis a été facilitée. Donc : le test n’a pas directement aidé, mais indirectement, oui, certainement. J’en parlais avant-hier à une personne, lors du vernissage de l’exposition, qui ne comprenait pas à quoi sert « l’étiquette ». Bon, je ne peux parler que pour moi. Ca m’a sembler être comme ouvrir une grande porte, la dégonder et la réduire en poussière. Ensuite, forcément, je me suis déplacé vers un nouveau terrain, tout un nouveau champ des possibles, que j’avais sous les yeux, tout le temps. Avant le test, je passais mon temps à regarder par le trou de la serrure… en croyant que je faisais le maximum pour avancer…
      Il s’agit donc plus d’une exploration et compréhension de soi, que de montrer l’étiquette aux autres.

      Pour les enfants, ça se rejoint. Je me dis que le meilleur moyen d’aider les zebrillons à bien s’épanouir, c’est de bien s’épanouir soit même. Et de rayonner de bienveillance et de confiance quand eux même évoluent. Je pense que c’est difficile de rayonner de confiance quand soit-même on se dit qu’on rate quelque chose, qu’on est frustré d’avoir ses ailes repliées dans le dos…
      Peux-être que j’aurai pu évoluer sans le test, mais honnêtement, (et encore une fois, seulement dans mon cas), ça a été un élément déclencheur concret de la mise en action. Ca m’a mis en colère, abattu des tonnes de défenses que j’avais construis, ça ma mis douloureusement tout nu face à moi même, et j’ai ensuite du réagir. Seulement un déclencheur donc, le reste ne vient pas seul, ni naturellement. Tout l’énorme travail de développement personnel, d’aménagement dans les relations sociale, le rapport au travail, à la famille, à sa sensibilité, à son potentiel créatif, ses besoins, ses valeurs etc… Avant, j’y pensais. Ensuite, je l’ai fait. Et pour moi, pas pour l’afficher aux autres.
      Je m’arrête là pour aujourd’hui, j’espère que tu y trouves des éléments qui te parlent !

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  2. Bonjour Antoine,
    Des éléments qui me parlent, c’est peu dire … 🙂
    Tes mots et ton expérience m’obligent à tenter de clarifier ma représentation du test, ce que j’appréhende de l’»après-test », et à regarder en face mes difficultés à ensevelir cette hypothèse non-démontrée… Il me semble que le test (positif) t’a autorisé à t’écouter, à te faire confiance et donc à faire tes choix pour réorganiser ta vie en toute liberté… Pour les enfants, ta réflexion me paraît formidablement universelle : grandir dans la bienveillance, dans la confiance, libre de découvrir, d’apprendre ce qui nous passionne sans devoir « rentrer dans le moule »… Libre d’être soi en somme, en confiance, avec estime… Dans un environnement soutenant et bienveillant, primordial donc d’être des « accompagnants » « bien dans leurs baskets », en phase avec le meilleur d’eux-mêmes (pour exemple, des enfants dyslexiques, ne le sachant pas, dans un contexte « unschooling », parviennent à apprendre à lire en mettant en place des stratégies toutes personnelles, sans doute parce qu’ils gardent confiance en eux et que les processus cognitifs sont libres de se « développer » à leur guise)… L’image que nous avons de nous-même, suite à nos expériences de vie, est extrêmement limitante… Ton témoignage me donne de nouvelles pistes de réflexions : y’ a du boulot, je n’ai pas fini de cogiter du coup, mais bon je l’ai bien cherché ! 🙂 Un immense merci pour ta réponse ! Excellent week-end à toi !

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  3. Bonjour,
    J’ai découvert hier soir l’existence de blogs de zèbres sur internet et notamment le votre. J’ai enfin fait le pas, osé me positionner, accepté que j’étais différente sans ressentir la culpabilité de me croire supérieure alors que je me suis sentie toute ma vie moins bien que les autres voire nulle et cela malgré tout ce que j’ai entendu de proches, malgré mes réussites professionnelles et mon « aura » (aie, ça fait mal d’écrire cela. Comprenez: l’impact provoqué sur les autres. Je parle là du positif en ne développant pas le négatif dans ce message). J’avais entendu parler de groupes qui existaient, de personnes HP, surdouées, zèbres… qui se réunissaient. Je ne voyais pas ma place dans ces groupes que je pensais élitistes, se gargarisant de leurs différences comme des blancs pourraient se regrouper entre blancs dans un pays soumis à la discrimination raciale. Mais ma solitude affective me pèse d’autant plus que mon chien est parti la semaine dernière après 14 ans d’accompagnement de vie. Le seul qui ne me jugeait pas, qui m’aimait telle que je suis car savait qui j’étais sous ce que je laissais paraître. J’ai alors fait le pas de découvrir ces blogs pour me rendre compte que ce n’était de loin pas des groupes élitistes :-)… mais des témoignages de souffrances qui font écho en moi…
    J’ai 50 ans, diagnostiquée depuis un peu plus d’une année mais acceptant cette réalité depuis peu. Ce diagnostic me permet de comprendre ma vie, mes échecs notamment sentimentaux, mes réactions émotionnelles délétères, mon mal de vivre, mon sentiment de décalage dans un monde que je ne comprends pas empli d’humains qui ne me ressemblent pas. Divorcée depuis 12 ans, mère de 2 garçons de 16 et 19 ans, j’ai décidé il y a quelques années que j’étais inadaptée à une relation amoureuse et ai fermé mon cœur pour garder mon énergie vitale a l’accompagnement de mes enfants jusqu’à l’âge adulte. Depuis, j’ai compris qui j’étais… Mais en comprenant qui j’étais donc les mécanismes qui se mettent en jeu dans les relations (professionnelles ou amoureuses), j’ai compris également que la vie, ma vie, ne peut pas être spontanée comme j’aime à être sans susciter l’incompréhension voire le rejet.
    J’ai été extrêmement émue par le témoignage poignant de Bruno qui m’a fait couler quelques larmes tellement je me suis reconnue dans ses souffrances, son parcours, ses clashs, ses ressources puisées dans le sport, son diagnostic tardif faisant suite à une vie décalée, difficile voire sombre, tres d’ombre parfois.
    Merci pour ce blog.
    Merci pour l’idée d’écrire, à titre personnel, le témoignage de ma vie comme l’a fait Bruno. Je suis sûre que cela me libérera d’un poids, d’un secret inconnu de moi-même jusqu’à il n’y a pas si longtemps; un témoignage que je pourrais peut être partager un jour, si je progresse encore un peu dans l’acceptation et ne crains pas le jugement des autres. J’aimerais expliquer tout cela aux personnes que j’ai déçues par un comportement « pathologique » alors que je les aimais, aux personnes que j’ai fait souffrir, aux personnes qui me voient hautaine, sure de moi, méprisante, à la recherche de pouvoir pour le pouvoir…
    Je finirai comme cela: je suis adorée ou détestée car j’ai soit disant réussi ma vie (vue de l’extérieur…). J’ai le contact facile, je sais m’exprimer, j’ai des poste à hautes responsabilités dans le milieu de la santé , je suis sportive, je suis « multitâches », aussi à l’aise en « société » dans des cocktails réunissant le « gratin » que les bottes aux pieds dans la boue ou une perceuse à la main, ou encore dans un aréopage de personnes dites de « niveau social modeste ». Je veux bien croire mon entourage qui me dit que je suis une belle femme, quand je croise le regard des hommes (à qui je fais peur aussi…), je peux toucher à tout, me débrouiller pour tout. Tres active (tres tres) toute ma vie, j’ai allié une activité professionnelle à 150%, l’éducation seule de mes enfants, du sport, du bénévolat, de la musique a un moment donné, du soutien important a des amis en détresse, l’accompagnement de chacun de mes parents décédés d’un cancer en 6 mois à 700 kms d’ici sans arrêt maladie (!?!), une disponibilité sans faille pour les autres. Je suis une passionnée. Je ne pouvais jusque là rien faire sans y mettre un bout de moi et je m’intéresse à beaucoup de chose donc j’ai mis beaucoup de bouts de moi en prenant sur mes nuits aussi.
    Je crée la jalousie, je dérange, j’ai été la cible de sabotages, d’un manipulateur pervers narcissique qui a fini par m’envoyer 7 semaines en clinique spécialisée. Je rebondis toujours, ce qui agace aussi…
    Bref, comme dit Bruno. Je me suis sentie longtemps handicapée sans pouvoir faire valoir ce handicap d’autant plus que je n’avais pas encore compris que j’étais « différente ».
    Mais comme dit Bruno, même si pendant longtemps, j’ai souhaité pouvoir être moins « intelligente », moins « attirante », moins « gentille », moins repérée par les hommes, moins naïve, un peu rancunière, un peu égoïste… je ne prendrais pas aujourd’hui une pilule anti-zèbre même si l’accès au monde que nous avons nous rend difficilement heureux.
    J’ai du attendre d’avoir 50 ans pour comprendre qui je suis et répondre à tous les « pourquoi? » de ma vie. Je vais travailler encore un peu le « comment » et profiter de cette seconde vie qu’il me reste à vivre pleinement et non plus à subir. Je vais peut être enfin pouvoir passer de la survie à la vie…
    Je ne manquerai pas de vous suivre. Je suis désolée pour ce commentaire si long. C’est la première fous que je m’exprime comme cela.
    Merci à Bruno de m’avoir permis de me reconnaître (globalement. Je ne suis ni une virtuose de musique ni d’aviron :-)) dans son histoire.
    Merci à tous
    Merci pour ce blog

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