Mémoire tissulaire, anges et extase mystique

Delphine surdoue temoignage
(Suite du témoignage de Delphine, 36 ans)
J’ai toujours eu une relation puissante avec ma mère. Pendant sa grossesse déjà, elle était en parfaite fusion entre moi, l’univers et le cosmos. Elle communiquait avec moi comme toutes les femmes enceintes le font, et elle avait l’habitude d’aller jouer de l’orgue pour moi, dans l’église de Montargis. Effectivement les vibrations de l’orgue ça doit être pas mal quand on est dans le liquide amniotique ! Bien plus tard, un jour d’orage lorsque j’étais adolescente, je me suis retrouvée enfermée dans cette église. Par hasard, il y avait un cours d’orgue, pas spécialement bien joué, mais en entendant ce son, je me suis allongé sur les chaises et j’ai eu une sorte de catalepsie. Mon corps était paralysé, j’avais chaud, pas du tout envie de bouger, c’était parfait. J’ai vécu alors un rêve éveillé, j’avais l’impression que l’air était de l’eau, l’eau de la lumière, que tout ça était était de l’amour et que j’étais une partie de cette eau. Je sentais la lumière qui venait à travers les vitraux, qui rentrait dans l’eau et me transperçait moi aussi. J’étais infiniment bien. Et mon mental me parlait en même temps « Alors, on se fait une petite extase mystique ? ».
Ce n’est qu’après cet épisode que ma mère m’a raconté pour l’orgue pendant la grossesse. J’avais eu le souvenir de cette mémoire tissulaire, que j’avais alors ressenti dans toutes mes cellules.

Est-ce cet amour maternel qui m’a permis de m’épanouir dans ma singularité ? Ou peut-être aussi la singularité de ma mère, qui a fait que mes propres interrogations trouvaient souvent un écho bienveillant ? Elle même, à la suite d’un accident de bicyclette, s’est mise à voir les auras des gens : des couleurs, des sphères, autour d’eux et des plantes aussi. Elle n’a pas cherché à la nier ou à éviter. Elle s’est habituée à vivre avec et à être décalée.
Donc dans les moments où je me sentais différente, elle était à même de me comprendre, de m’aider, d’en parler, d’accueillir tout ce que je pouvais dire.
Par exemple un jour, alors que j’avais 5 ans, une énorme armoire normande sur laquelle je grimpais a basculé. J’ai sauté de l’armoire, je me suis retourné, et j’ai vu des anges qui la retenait dans le vide. Je suis sorti tranquillement de la chambre, l’armoire s’est ensuite explosée par terre, recouvrant toute la pièce dans un bruit terrible. Enfin, sauf le grand miroir de la porte, qui s’est dégondé et est resté debout, intact, contre le mur… Ma mère est arrivée en courant, je lui ai raconté pour les anges, ce à quoi elle m’a répondu que c’est une bonne chose. Elle m’a simplement demandé d’éviter de le raconter à l’école.

On était d’accord sur le fait que ce qui était normal pour nous ne l’était pas forcément en dehors de la maison. Je le savais, ma mère aussi…

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