Les multiples casquettes d’une fausse dyslexique

(Suite du témoignage de Delphine, 36 ans)
En cinquième, ma prof d’anglais a déclaré que j’étais dyslexique. En effet, je faisais parfois beaucoup de fautes dans mes copies, en fonction de mon intérêt et de mon état. Je suis donc allée donc voir une orthophoniste. Avec le stress de ce « test », j’ai fait tellement de fautes à la première dictée, qu’elle a appelé une collègue pour lui montrer le résultat. Elles en conclurent que c’était trop grave, que c’était trop tard, irrécupérable à mon âge. J’étais en pleurs : j’étais irrécupérable ! Je suis tout de même allé consulter une autre orthophoniste … pour qui je n’avais rien : j’étais juste tête en l’air. « Tu sais tout, tu sais faire, mais parfois tu ne percutes pas. On peut se voir si ça te rassure, mais tu n’es pas dyslexique ». J’ai passé avec elle des moments détendus, agréables.
Je n’ai pas vu d’autres thérapeutes, sauf plus tard, devenue adulte, à cause d’une agression très violente que j’ai subie, où j’ai failli y laisser ma peau, et dont on parlera plus tard.

J’ai redoublé ma troisième, puis j’ai passé un bac littéraire, option arts plastiques. Après le bac, j’ai suivi des cours à la faculté des Sciences humaines de Paris en parallèle à des cours de chant à l’Opéra de Paris. Concernant la faculté, il s’agissait de cours accessibles seulement aux praticiens, aux professionnels avec plusieurs années d’expérience, et surement pas au bacheliers ! J’ai du avoir un entretien avec le doyen, j’avoue que je ne savais pas comment ça marchait, je sortais de ma campagne… En sortie du bac, je me suis donc retrouvée à engager des études entourée de psychiatres et de médecins. Un énorme champ des possibles s’ouvraient à moi : je m’autorisais à galoper mentalement, à explorer des territoires intellectuels entiers. Je passai mes examens, mais je me rendis compte que je ne visai pas forcément des métiers dans ce domaine. Ensuite j’intégrais la faculté d’Histoire de l’Art, jusqu’au DEA en histoire de l’art antique. J’ai passé plus tard le concours de l’école de photos d’Arles car je trouvais ça intéressant, mais sans jamais avoir fait de photo, je ne savais même pas charger une pellicule dans un boitier. Mais je fus prise.
La photo m’a permis de tout mettre en lien : la danse, les expériences avec les gens, l’histoire de l’art, la sculpture, la possibilité de parler du corps, des comportements, avec en plus les aspects de la technique, de l’artisanat…

Delphine surdoue temoignage 1

Lors d’un cours de culture photo, devant des étudiants

En fait, j’ai toujours trouvé normal de passer d’une chose à l’autre, et mes proches sont aussi dans cette logique de multiplier les casquettes et les expériences.

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