Sommeil, tristesse et sabotage : les phases down

Delphine surdoue temoignage(Suite du témoignage de Delphine, 36 ans)
Si je manque de sommeil, ça va tout de suite mal. Je suis immédiatement triste, tout est bon à jeter à la poubelle. Par exemple ne pas parvenir à m’endormir lorsque je suis enrhumée ou que quelque chose me gène, est comme une torture. Je peux faire des crises de nerfs, me taper la tête contre les murs. C’est peut être ce qu’il peut m’arriver de pire dans la vie. Il me faut vraiment du repos !

Je n’ai jamais eu de dérives. Les seules modifications d’état que j’ai eu, sont dans la danse. Je n’ai jamais supporté l’idée de modifier mon état avec des produits, pas même l’alcool. Ça ne m’a jamais intéressée. Je suis déjà tellement dans des sensations que les autres ne connaissent pas, à voir des choses ou sentir des odeurs que les autres ne perçoivent pas, que si en plus je me mets à prendre des psychotropes, ça tournerait au délire !

En terme de phase down, je me connais par rapport à ça. J’avais des ondulations très marquées lorsque j’étais plus jeune, avec la conscience que ma capacité au bonheur est propositionnelle à ma capacité à la tristesse. Mais en ce moment, c’est une phase bénie. Je me sens aimée, entourée, en connexion au cosmos. Mes phases de down sont donc réduites et faciles à gérer. J’identifie pendant la descente de moral ce qui ne va pas : ça peut être un événement vécu, une maladresse d’un proche… Je n’ai pas de phase d’autodestruction, quand je ne vais pas bien je pleure ou je crie. J’ai ensuite cette espèce d’énergie qui me revient, et hop !, je me remets en mouvement et j’avance.

Je trouve sain et normal les moments de tristesse, mais je suis programmée pour remonter. Ça se déclenche toujours en moi, soit je bouge, soit j’appelle à l’aide ; je reste rarement dans mes problèmes. J’ai peut-être le gène d’une de mes grand-mère qui se répétait tout le temps pour elle-même « Allez, marche ou crève !». A y réfléchir, il y a peut être une part généalogique. Tous des warriors dans ma famille ! J’ai peut être assimilé au contact de ces modèles vivants.

Quand on te dit de serrer les dents, de t’endurcir, ou de ne pas pleurnicher… c’est vraiment des conneries : les soldats de César pleuraient, dans l’Iliade, Ulysse n’arrête pas de pleurer. Il se plaint, il chouine à chaque fois qu’il lui arrive une mésaventure. Et là un dieu arrive et lui arrange la situation. Je pense que c’est mieux d’exprimer son soucis et sa frustration, plutôt que se braquer dessus. Ça lance la communication et permet de régler le problème.

J’ai eu des petites phases d’auto-sabotage, vers la fin de mes études. Le cas où tu sais que tu peux réussir quelque chose, mais au dernier moment tu fais tout ce que tu peux pour que ça foire. J’ai fais ça dans des situations où j’avais des facilités, pour des choses dont je n’avais pas envie. Il me fallait une justification pour que ça ne marche pas, pour m’en sortir j’ai donc saboté artificiellement la relation avec des personnes, pour que ça se finisse.

Ulysse et Calypso

Ulysse et Calypso. « Mon esprit n’est point perfide et je n’ai pas en la poitrine un cœur de fer, mais de compassion. » Ayant ainsi parlé, l’auguste déesse le guida rapidement, et le héros suivait ses pas.

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