Éveil, cerveau, conscience : la méditation au service de la douance

Camille surdoué méditation

(Suite du témoignage de Camille, 33 ans – Extrait 2 sur 3)
Dans cette méthode il y a tout une philosophie bouddhiste, à laquelle tu n’es pas obligé d’adhérer. Il est explicitement dit que si la philosophie ne t’intéresse pas, tu peux aussi la mettre de côté et te concentrer sur la technique. Moi par exemple je n’adhère pas totalement. Ainsi le cycle des renaissances, le fait qu’on se réincarne et que l’on récupère son passé, non pas génétique mais la somme de ses actions et son état d’esprit au moment de sa mort ; pour ma part je laisse tout ça de côté.

Le but que propose Goenka, c’est la libération, à savoir sortir du cycle de réincarnation et de renaissance, atteindre le Nirvana et l’illumination, être libéré.
Ceci, tu l’atteins en comprenant le caractère de l’impermanence de toute chose, de la vie, de tout instant, de tout être et de toute matière.
Cette technique t’apprends donc à dissoudre ton être, à te concentrer sur ce que tu peux ressentir, par exemple en explorant dans ton corps, sous ta peau, dans tes veines, dans tes os. Tu découvres alors que le solide n’est qu’un amas de molécules, exactement comme les fluides.

La méditation revient à concentrer ton esprit, et affiner ta conscience. Pour y arriver, on travaille sur deux éléments : la respiration, qui est le plus évident à appréhender ; et les sensations physiques de ton corps quelles qu’elles soient (y compris les courbatures, lorsque tu restes assis 10 heures par jour), les petites vibrations, ou la sensation instantanée de l’intégralité de ton corps – au point que tu veux, au moment ou tu veux. Tout le monde ne ressent pas ça, ni à chaque fois.

Chacun voudrait ressentir des sensations agréables plutôt que désagréables, mais le principe, lui, reste immuable : affiner son esprit, le « purifier », le rendre plus équilibré, en restant dans la simple observation et l’attention à la sensation, sans réagir à cette sensation.
Ainsi par exemple, cette douleur insupportable, dans la cuisse, que l’on peut ressentir après plusieurs heures assis par terre dans la même position, en la regardant vraiment, on commence à observer différentes choses, des sensations autour, des détails dans les faisceaux musculaires… et cela amène progressivement à l’observer comme si ce n’était pas la sienne.

Ce que Vipassanā n’est pas :
–  Ce n’est pas un rite ou rituel basé sur une foi aveugle.
–  Ce n’est pas un divertissement intellectuel ou philosophique.
–  Ce n’est pas une cure de repos, des vacances ou une opportunité pour sociabiliser.
–  Ce n’est pas une échappatoire aux épreuves et tribulations de la vie quotidienne.
Ce qu’est Vipassanā :
– C’est une technique qui éradiquera la souffrance.
– C’est une méthode de purification mentale, qui permet de faire face aux tensions et aux problèmes de la vie, d’une manière calme et équilibrée.
– C’est un art de vivre qu’on peut utiliser pour contribuer de façon positive dans la société.

Extrait de l’introduction à la technique

Concrètement, comment ça se passe ?
Il s’agit de stages de 10 jours, en immersion sans téléphone ni emails, dans l’un des nombreux centres tenus en Europe (et dans le monde) par des bénévoles. Tu peux faire un stage plus court quand tu as déjà pratiqué, mais généralement c’est 10 jours.
Il s’agit du temps minimum pour aller assez loin dans la technique, en ressentir les bienfaits, et être suffisamment autonome pour pouvoir pratiquer seul.
Il est ensuite possible de refaire d’autres stages de 10 jours.
La journée commence à 4 heures du matin avec une cloche de réveil, et se poursuit jusqu’à 21 heures. Il y a environ dix heures de méditation tout au long de la journée, parsemées de pauses régulières et de périodes de repos. Chaque soir à 19 heures, un discours enregistré de Goenka, offre un cadre aux méditants pour comprendre leur expérience du jour. Des échanges sont prévus avec l’enseignant présent sur place mais pas avec les autres participants, sauf le dernier jour. Par ailleurs il y a plusieurs règles à respecter.

Tous ceux qui suivent un cours de Vipassanā doivent consciemment s’engager, pendant la durée du cours, à respecter les cinq préceptes suivants :
1. S’abstenir de tuer tout être vivant,
2. S’abstenir de voler,
3. S’abstenir de toute activité sexuelle,
4. S’abstenir de mentir,
5. S’abstenir de consommer tout produit intoxicant (alcool, drogue,…), y compris la cigarette.
Le premier précepte inclus de ne pas pousser d’autres personnes à tuer, d’où le fait que les repas soient végétariens.

Extrait du code de conduite

Tout ça est géré par des bénévoles d’une association à but non lucratif, une par pays. Tout est gratuit, et les professeurs de Vipassanā ont un métier à côté, car ils ne sont pas rémunérés. C’est l’un des pilier de la pratique, que ce soit gratuit. Cela confère une plus grande valeur à l’enseignement. Pour participer aux frais du stage, tu ne peux faire un don à l’association que si tu as réalisé l’intégralité des 10 jours. Ton stage est donc financé par les personnes qui l’ont fait avant toi.

Cette technique, c’est exactement celle enseignée par Bouddha, elle est identique depuis des millénaires. Récupérée de la Birmanie depuis les années 70 ans car elle avait disparu d’Inde où elle avait été créée, c’est exactement la même méthode dans tous les pays. C’est accessible à tous, non sectaire, non religieux, non attaché à une communauté. C’est parfaitement universel et millénaire. Dans la méditation, il y a beaucoup de moments de chants, hyper beaux, des enregistrements, avec des chants en pāli (la langue de Bouddha qui a disparu maintenant), ce sont donc ces paroles que tu écoutes, que l’on t’explique. Ça t’abreuve et te baigne pendant 10 jours. Tout ça concoure à ce que ce soit vraiment profond et spirituel. Ça, ainsi que le fait que ce soit bienveillant, gratuit, entouré de bénévoles.

Pour tout savoir sur la méthode et les stages
https://www.dhamma.org/fr/about/qanda

Découvrez ici une vidéo présentant des témoignages de stagiaires
https://vimeo.com/16610714

A quoi ça sert ?
En terme de gain, à part l’observation et l’éveil, il y a un bénéfice pour la concentration, l’équilibre, la force et la maitrise de son esprit. La pratique permet d’atteindre un niveau de calme et d’équilibre, d’être attentif et conscient.
On ne subit plus ce qui se passe.

Camille surdoué méditation

Avant la méditation, s’il se passe un événement, agréable ou désagréable, l’inconscient réagit, puis une sensation physique se produit dans le corps dont on a pas vraiment conscience. Alors le cerveau se met à réagir en générant, suivant qu’il s’agisse d’un événement agréable ou désagréable, de l’angoisse, de la tension, de la peur, du doute, du stress – ou de l’envie, de la convoitise.
L’apprentissage consiste à anticiper, à se positionner sur l’étape d’avant, c’est à dire d’avoir conscience de ces sensations-là, qui se produisent de toute façon dans ton corps, mais sans plus y réagir. Ainsi, tout ce cycle est coupé et il ne génère plus de malheur.
Tu comprends alors que les évènements extérieurs, il y a en aura toujours et tu ne peux pas les changer, ni changer le comportement des autres personnes. Mais tu peux changer ta façon d’y réagir.

Autre bénéfice clair de la pratique de la méditation Vipassanā : tu as envie de te conduire de manière juste, honnête, et bonne, par rapport aux autres, à toi-même, à la société. Les enseignants ne l’expliquent pas, cela vient de manière naturelle, assez profondément. Ça se sent. La raison c’est que tu purifies ton esprit et donc que tu es dans le juste, notamment ce qui participe du bien. Et tu as alors envie que les autres se sentent bien et heureux autour de toi, d’avoir une conduite qui ne heurte pas les autres.

Autre résultat de cette pratique, c’est – du fait de mieux pouvoir concentrer ton esprit – d’être plus efficace dans ce que tu fais, d’être capable de résoudre plus de problèmes, plus complexes, plus rapidement et mieux. En gros tu exploites mieux ton cerveau. C’est pour cela que ça me semble pertinent de le partager sur le blog Aux Zèbres Heureux. Mais il ne faut pas faire cette démarche pour cette seule raison. Il faut être plein de rage et de volonté, mais sans attente particulière quand à un résultat précis.
En tout cas il faut être préparé à faire un effort déterminé. Si tu es fragile intellectuellement ou physiquement, c’est dur. C’est quitte ou double, tu peux te mettre dans un très mauvaise état. Même quand tu es bien, serein et combatif, c’est vraiment éprouvant, avec des moments de doute et de ras le bol. Donc si tu es dans un moment de ta vie où ça ne va pas bien, ça peut être difficile. La première fois, à Calcutta, un des stagiaires a arrêté au milieu. L’arrêt n’est pas recommandé, mais c’est toujours possible. Aussi, lors de mon dernier stage, un soir j’ai entendu une fille pleurer sous sa douche, à énormes sanglots, pendants 20 minutes…

Moi je n’ai pas pleuré, mais j’ai souffert.

(A suivre)

Une réponse à “Éveil, cerveau, conscience : la méditation au service de la douance

  1. Oui, c’est tout à fait ça ! J’ai suivi 11 jours de méditation Vipassana dans un centre en Thaïlande cette année, avec une approche un peu différente mais considérée par tous comme l’une des meilleures, et je le recommande vraiment. Cette expérience est bouleversante et nous apprend beaucoup sur soi ; on y découvre aussi le pouvoir de guérison dont on dispose tous en soi. Puissant, sans aucun doute ! En savoir plus sur ce lien : http://visionsdailleurs.com/jai-teste-mindfulness-meditation-vipassana-thailande

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